45 notes de la catégorie "Retour sur les FilmsActeursActrices..."

16/10/2007

West Side Story : Anniversaire !

Et dire que j'ai laissé passer la date ! Et pourtant, c'est un de mes films préférés. je m'écoute souvent la Bande Originale de West Side Story que je possède en vinyle.

La date ! Quelle date ?

Si le film a été produit en 1961, le livret de West Side Story a été écrit en 1957 et la première représentation publique de la pièce homonyne a été jouée
le 26 septembre 1957, soit 50 ans !

C'est pas un bel anniversaire, ça ?

08/06/2007

Danny Boyle, une interview - By Pascal Alquier

Note de Niala01 :
Pascal Alquier est un collaborateur régulier de Milan Presse (Les Clés de l'Actualité (notamment auteur d'un dossier consacré à la planète Mars en 1999), Pyrénées Magazine et Julie).
Correspondant du Point à Toulouse, il est aussi co-auteur de Midi-Pyrénées région Passions (Editions Milan), La Haute-Garonne (Editions Privat), Le dictionnaire de Toulouse (Editions Loubatières). Il habite à Toulouse. Il est donc une plume toulousaine...

Où est-ce que je veux en venir ?
Ah oui, je veux l'obliger à collaborer au Blog par le biais de contributions liées aux venues des talents sur Toulouse. Il m'a dit de longue date qu'il faudrait qu'il s'y mette, qu'il participerait bien, mais...il tarde. Alors, forçons un peu... et tentons de le persuader de continuer en produisant une interview de Danny Boyle recueillis par les soins de Pascal Alquier, plus d'1 an après sa dernière contribution concernant la venue de Michaël Youn à Bordeaux, le 31 janvier 2006, pour la sortie de son film Incontrolable :

Interview de Danny Boyle réalisée le 21 mars 2007 lors de sa venue sur Toulouse pour  la sortie de Sunshine  :
Le réalisateur de Petits meurtres entre amis, Trainspotting, La Plage, 28 Jours plus tard… évoque la sortie de Sunshine son film de science-fiction basé sur la fin de vie du Soleil.
Le film de Stanley Kubrick, 2001, l’Odyssée de l’espace est-il la référence suprême en matière de science-fiction ?
Vous ne pouvez pas éviter la référence, c’est comme un fantôme qui vous hante : j’avais l’impression que Kubrick ou Tarkovski (réalisateur, en 1972, de la première version de Solaris, ndr) étaient là pendant le tournage et qu’ils étaient en train de discuter ! Par exemple nous avons eu un débat sur la combinaison à choisir : est-ce qu’il fallait rester fidèle à la combinaison de la NASA ou changer… Je crois qu’on ne peut pas faire ce genre de films sans être empreint du passé et de leur expérience donc finalement c’est un corridor assez étroit dans lequel on s’engage mais, malgré tout avec plaisir.
Vous étiez pressenti pour la réalisation du deuxième volet de la « série » Alien, tourner un film comme Sunshine est-il un succédané ou un aboutissement ?
J’ai été impliqué dans la réflexion d’Aliens mais à l’époque je n’avais pas assez de connaissances techniques et je pense que je manquais d’expérience. Là j’ai acquis cette expérience donc c’était plus facile de revenir dans le style de la science-fiction et il faut aussi dire que les effets spéciaux sont beaucoup plus faciles à manier qu’à l’époque donc je me sens plus à l’aise aujourd’hui et grâce à ce film j’ai pu avancer.
Le premier Alien est-il un modèle de film de science-fiction pour vous ?
Oui c’était un film étonnant, extraordinaire et le public a commencé à respecter le producteur de SF avec un film comme le premier Alien comme Blade Runner qui à l’époque a été perçu comme trop commercial, trop violent, trop marketing. Et finalement je crois que ces films ont gagné le respect du public. Et il y a trois références, on ne peut pas faire un film de SF sans penser à ces références. Ce qui n’est pas la même chose avec un thriller par exemple : Hitchcock est une référence mais pas tout le temps. Mais en SF on est obligé de reconnaître le savoir faire de gens comme Ridley Scott dans ses films…
Sunshine se déroule en 2057 et aborde le sujet de la fin de vie du Soleil, une thématique pas si éloignée des préoccupations environnementales actuelles…
Nous avons commencé le film il y a trois ans, on parlait déjà des problèmes touchant le climat à l’époque mais nous avons voulu nous écarter de cette thématique du réchauffement climatique. On voulait faire un film sur la science parce qu’elle est extraordinaire : grâce à elle on a inventé la bombe atomique donc la science peut être dangereuse mais elle peut nous sauver aussi. Aujourd’hui, le réchauffement climatique intéresse tout le monde on l’a vu avec le succès du film d’Al Gore, même George W. Bush commence à prendre conscience des problèmes !
En dehors de la science, le film ne porte-t-il pas sur la promiscuité et l’enfermement subis par toute expédition spatiale ?
Ce n’est pas seulement un film sur la science effectivement. La pression psychologique et cette responsabilité qui repose sur leurs épaules car ils doivent sauver l’humanité c’est vraiment très important. Finalement, c’est une mission suicide et nous savons dès le départ qu’ils ne rentreront jamais chez eux. La plupart des films hollywoodiens se terminent toujours bien mais là ce n’est pas le cas. Quand j’ai vendu le film aux acteurs la première fois je leur ai demandé de se questionner sur leur sentiment s’ils se rapprochaient réellement de cette étoile extraordinaire donc c’est vraiment également l’intérêt de ce film, la psychologie…
Le thème central du film est l’action bénéfique de la science mais qu’en est-il de celui de la religion ?
Le rapprochement avec la religion est évident : des générations ont toujours admiré et remercié le soleil qui donnait la vie comme Dieu. Grâce aux effets spéciaux, j’ai pu décrire le Soleil, donner cette forme mais finalement ma description initiale était liée à une approche chrétienne ou même païenne mais quoi qu’il en soit il faut représenter le soleil. On le voit avec le film de Mel Gibson (Apocalypse) il y a ce sens de sacrifice avec le Soleil mais malheureusement l’invention de l’électricité nous a éloigné de lui, nous avons le sentiment d’avoir perdu notre dépendance vis à vis de lui, on a la lumière et on ne remercie plus le Soleil. Je pense que ce film véhicule des valeurs plus basiques. Et aujourd’hui quand on regarde la cinématographie on s’aperçoit qu’aucun film n’a été fait sur le soleil.
Quelle préparation a été nécessaire pour rendre le voyage dans l’espace vers le Soleil crédible ?
Nous avons fait d’énormes recherches basées sur les travaux de la NASA, des expériences avec des scientifiques… Parce que les acteurs qui arrivent sur un tel tournage sont dans leur bulle à penser à leur carrière, à leur cachet et le rôle d’un réalisateur est de faire exploser cette bulle pour que l’acteur soit vraiment dans le film. Il a donc fallu être très au point pour qu’il se passe quelque chose. Nous avons ainsi organisé une période pour que tout le monde cohabite et s’imprègne dans des simulateurs de vol à Heathrow par exemple et à un moment ils ont été prêts pour se lancer dans l’aventure.
Qu’est-ce qui vous amené à la science-fiction ? Votre rencontre avec le scénariste Alex Garland ou votre premier film Alien love triangle ?
J’aime la science-fiction. Beaucoup. Je ne suis pas un grand fan de Star Wars ou Star Trek mais plutôt de Contact, Alien, 2001 évidemment, ce genre de films… Je préfère une science-fiction qui soit la vraie et pas celle des Star Wars ou Star Trek donc c’était très intéressant pour moi de travailler sur un tel projet. En même temps on peut établir un lien entre Petits meurtres entre amis et Sunshine puisque finalement ils doivent voter à un moment donné pour savoir qui ils doivent éliminer. Même si, finalament, dans Sunshine le vote est beaucoup plus réaliste.
Sunshine vous a-t-il donné le goût de vous impliquer dans une autre aventure de science-fiction ?
Jamais de la vie !! Je ne retournerai pas dans l’espace ! C’est le plus grand cauchemar que vous pouvez imaginer ! (rires) Pour deux raisons : parce que nous sommes confinés dans un vaisseau et limités dans le choix. Quand vous partez dans un vaisseau il ne faut rien oublier et quand vous vous lancez dans une aventure comme ce film c’est un peu la même chose, vous n’avez pas la possibilité d’inventer à la dernière minute. À ce sujet, j’aime beaucoup ce que disait Renoir : sur un plateau de tournage il faut toujours laisser une porte pour que la vie rentre sur le tournage et là ce n’était pas du tout le cas, c’était très intense, claustrophobe… Deuxième exigence : les normes sont tellement élevées pour ce genre de film ! La personne qui va regarder votre film ne sera pas indulgente, la moindre faille sera impardonnable alors que dans une comédie ça passera. En science-fiction, le niveau d’exigence est très élevé.
Les acteurs ont-ils vécu le même cauchemar ?
Non, ils sont restés dans leur bulle. Ils jouent le film et changent de tournage donc ça n’a pas été aussi intense pour eux… Lorsque vous finissez le tournage les acteurs partent et il reste encore beaucoup de choses à faire, montage, effets spéciaux, post production… imaginez ça prend un an ! comme si vous envoyiez un escargot de Paris à Toulouse, ça prend beaucoup de temps.
Alors que vous nous aviez habitués à de l’humour noir dans vos autres films, dans Sunshine tout est très sérieux et cadré…
Il y a certaines règles que l’on ne peut changer dans l’espace et dans les films de SF : pas d’humour, pas de sexe, pas d’amour. Nous avons essayé… le seul film dans lequel il y a de l’amour c’est 2010 (la suite de 2001, l’Odyssé de l’espace, ndr) mais ça ne marchait pas vraiment. Autre chose, dans ce film tout va très lentement donc il est très difficile de tourner ces scènes même si on a essayé d’impliquer les acteurs. Ce qui est très intéressant et amusant c’est que des recherches sont menées par les scientifiques de la NASA : ils font des tests avec du sperme de cochon pour voir si ce sperme peut être fécondé dans l’espace. Ils préparent l’avenir des hommes et des femmes qui vont vivre dans l’espace.
L’interdiction de Sunshine aux moins de 15 ans en Grande-Bretagne vous a-t-elle surpris ?
Ils ont même parlé de l’interdire aux moins de 18 ans non pas à cause de la violence mais à cause de l’intensité du film. Finalement ça a été une sorte de récompense pour moi parce que c’est justement ce que je voulais faire avec ce film, je voulais le rendre extrêmement intense un peu comme Apocalypse de Mel Gibson…
Adolescent, la science-fiction était-elle déjà importante ou avez-vous découvert le genre plus tardivement ?
J’étais très fan de 2001 ou d’Alien et je me souviens d’un article dans un journal américain qui disait que lors de la sortie d’Alien aux Etats-Unis, des ambulances attendaient devant les cinémas parce que les gens étaient très secoués par le film. C’était une bonne astuce marketing pour nous faire aller voir le film., je trouvais ça génial ! (rires)

Voila ; Je ne sais pas ce que vous en pensez en tant que lecteurs des CinéTribulations, mais je trouve ça qualitatif et je pense que ce genre d'article a largement sa place sur ce blog. Alors, Pascal, tu en écris d'autres, des articles pour CinéTribulations ?

18/02/2007

Le polar et Olivier Marchal : attention, bonne question !

Le polar dit "classique" fait les beaux jours de la télévision par le biais d'une écriture scénaristique qui sied à merveille au prime time : formatage minuté donnant aux séries télévisées françaises ce coté "polarisé", "fliqué".

Pour réaccéder à la salle de cinéma, le genre a donc dû se renouveler.
Le retour de Melville ?

Pourquoi pas, car je crois me rappeler que les Américains viennent de diffuser pour la première fois en salle l'un des chefs d'oeuvre de Melville et de le nommer "film de l'année 2006" (?) par le biais d'une guilde de journalistes.
Pourquoi pas aussi, lorsque l'on pense à la récente adaptation de Guillaume Canet, son Ne le dis à personne ayant été très bien accueilli par le public. Et je ne doute pas que la relecture par Corneau (Spécialiste du polar - Police Python 357, Le choix des armes, Série Noire, Le cousin - qui a été assistant de Giovanni) du Deuxième souffle de José Giovanni, déja réalisé en 1966 par Jean-Pierre Melville (c'est pas un hasard) soit tout aussi bien accueilli. Ou encore les films dont les scénarios tournent autour de Mesrine : L'instinct de mort et L'Ennemi public n°1 de Jean-François Richet (tiens, encore un qui est né en 1966).

Oliviermarchal Et je me demande finalement si Olivier Marchal n'est pas à lui seul à l'origine de ce renouveau !
Et je me demande finalement si des projets qui dormaient depuis des lustres ou des projets nouveaux ne sont pas arrivés grace à l'élan engendré par le personnage.
C'est peut-être la bonne question. L'ancien policier, scénariste, comédien, réalisateur se complait dans ce noir qui lui va si bien depuis 1988 et sa 1ère apparition dans un polar : Ne réveillez pas un flic qui dort de José Pinheiro avec ...Alain Delon (qui doit tenir un rôle dans un film "Chinese Connection" de Johnny To ou John Woo, non titré pour l'instant mais qui serait un remake d'un film de ...Jean-Pierre Melville : Le cercle rouge !!!)
L'acteur, vu récemment dans le film de Canet et dans Truands de Schoendoerffer sera également très prochainement dans Scorpion et reprenant sa casquette de réalisateur, trois ans après le succès de 36 Quai des Orfèvres, il retrouvera Daniel Auteuil pour un polar très noir s'intitulant "MR-73" en référence au célèbre revolver.

Alors oui, personne ne le reconnaitra (il doit s'agir du domaine de l'inconscient!). Mais je pense que le Marchal, c'est grace à lui qu'on a du polar moderne au ciné.
Et c'est tant mieux, parce que j'adhère.

27/10/2006

Bernard BLANCAN dans le texte

Bernard_blancan_1 Bernard Blancan (Martinez dans Indigènes) tient un journal depuis un certain temps. Tellement longtemps (2004), qu'à l'époque il n'avait pas plus de projets en attente que de droits au chomage. Il le disait lui-même. Et tellement longtemps qu'il a fait comme nous tous, quand il a décidé de passer au blog, il s'est perdu dans les méandres des tests de plate-forme de bloging ; Et tellement longtemps qu'il a fini par se fixer, par se poser chez over-blog.

http://bernardblancan.monsite.wanadoo.fr/index.jhtml (la base ?)
http://www.blancan.net/
http://blancan.blog.01net.com/ (crée en jan06 avec les archives du commencement, Jan04 : Du footing aux palmes)
http://blancan.com/ (le site actuel)
http://blancan.blog.ca/ (Le journal de Blancan, le journal d'un comédien.)
http://www.blancan.org/ (Le journal actuel)

  • Et, y a des choses intéressantes dedans ?

Oui, comme ce moment d'angoisse à l'attente d'un coup de fil le matin de la remise de la Palme d'Or alors qu'il n'imagine absolument pas qu'il puisse éventuellement être concerné par le prix collégial qui se dessinait pourtant.
Ou encore comme ce moment passé à la **** (je suppose) à fomenter une arnaque finalement irréalisée.
Ou encore comme ce moment où il nous apprend qu'Eu******rp a mis un véto à sa présence en tête d'affiche d'un film.
Ou encore...

Et je vous mets pas les liens pour vous obliger à tout lire. le seul article que vous pouvez éviter, c'est celui où il dit qu'il a réalisé sa plus mauvaise sortie lors de l'avant-première d'Indigénes au Gaumont Wilson. C'est même pas vrai d'abord. Il a parlé autant que les autres, il a joué le professeur d'histoire et a donné son avis sur la polémique de l’indemnisation des anciens combattants coloniaux. Il s'est avéré disponible. Bref, une bonne performance face au public.
Merci Bernard,

Alain

17/02/2006

Mickaël Youn, une interview - By Pascal Alquier

Note de Niala01 :
Pascal Alquier est un collaborateur régulier de Milan Presse (Les Clés de l'Actualité (notamment auteur d'un dossier consacré à la planète Mars en 1999), Pyrénées Magazine et Julie).
Correspondant du Point à Toulouse, il est aussi co-auteur de Midi-Pyrénées région Passions (Editions Milan), La Haute-Garonne (Editions Privat), Le dictionnaire de Toulouse (Editions Loubatières). Il habite à Toulouse. Il est donc une plume toulousaine...

Où est-ce que je veux en venir ?
Ah oui, je veux l'obliger à collaborer au Blog par le biais de contributions liées aux venues des talents sur Toulouse. Il m'a dit de longue date qu'il faudrait qu'il s'y mette, qu'il participerait bien, mais...il tarde. Alors, forçons un peu... et tentons de le persuader avec ceci, qui sont la reproduction des propos recueillis par Pascal Alquier et d'autres journalistes lors de la venue de Michaël Youn à Bordeaux, le 31 janvier dernier, pour la sortie de son film Incontrolable :

Tu as pris 18 kilos pour être dans le rôle de Georges, scénariste en mal d’inspiration…
Oui je me sens plus à l’aise comme ça mais c’est toujours un peu déprimant de perdre du poids. Prendre du poids pour un rôle c’est extrêmement ludique : je ne vais pas vous mentir, manger de la glace à 22h en regardant la télévision ça n’a jamais emmerdé personne mais en revanche, avoir à les perdre pour redevenir un être médiocre ça file pas la pêche ! (en pleurs) Contrairement à ce que vous pouvez penser le tournage a été vraiment incontrôlable à cause d’un mec comme le réalisateur, Raffi Shart, qui est un mec très bon public. Donc quand vous avez un mec comme moi qui aime bien faire le con et un super client comme lui, il y a eu certaines scènes où on lui a demandé de quitter le plateau ! La scène chez le psy il la dirigeait depuis le couloir !

Le bêtisier doit durer 15 heures
Oui énorme ! On en a mis un bout à la fin du film pour montrer aux gens qu’on s’est amusés. La scène où on tord la tête des peluches, il y a 25-30 prises, elle a duré toute la journée parce qu’on a un gros défaut avec Thierry Lhermitte c’est qu’on est extrêmement rieurs et moi je jouais en me concentrant sur un point au milieu de ses yeux parce que si je le regardais dans ses yeux j’étais mort ! Je lui ai même tourné le dos. Mais c’est ça qui est chouette aussi, évidemment la manière est très importante mais la manière aussi. C’est à dire que si vous avez pris du plaisir en le faisant…

Le scénario a évolué par rapport à la première version ?
Pas du tout. Quand Raffi me l’a donné il y a deux ans, chacun des membres du corps, les deux mains, les deux pieds, chaque œil, le nez, les yeux, les oreilles, chacun avait sa personnalité et sa voix donc c’était très compliqué à jouer, je ne voyais même pas comment je pouvais jouer ça déjà que c’était très compliqué de jouer avec une voix qui n’était pas la mienne et de jouer deux personnages. Là je devais en jouer une dizaine donc on a essayé de redresser le scénario et d’orienter juste sur un dédoublement de personnalité, un homme confronté à son double qui a le même physique que lui mais une autre personnalité. Maintenant quand on me demande ce qu’est le film et que je dis c’est l’histoire d’un mec qui est confronté à son double d’une part avec la voix de l’âne dans Shrek je me demande comment est-ce que j’ai fait pour signer en bas du contrat ?!! J’ai dû avoir une grosse absence. Mais en fait comme je me suis rendu compte que comme je faisais beaucoup marrer Raffi, je me suis senti comme à la maison. Et c’est c’est vrai que mise à part l’histoire qui est absolument dingue parce que le scénario est complètement déjanté le fait de rencontrer Raffi a été déterminant pour moi parce que c’est un coup de foudre amical et je me suis dit qu’on allait partir en sucette et ça a été le cas ! Et que même par rapport au scénario que Raffi a écrit, le film ne ressemble pas forcément à ça, il ya beaucoup d’improvisations, pas forcément une phrase improvisée quand on vous dit moteur ça tourne mais Raffi était sur le décor, regardait comment ça se passait, il regardait les répéts et il utilisait vraiment ce qui se passait dans le moment. S’il y avait eu une vague qu’on s’était dite sur le moment comme « Bouyaka » ou « Ouarzazate » qui sont presque des trucs qui sont venus sur le moment parce que ça nous a fait marrer quand on en discutait, il y a plein de mots, de thèmes de dialogues qui sont venus comme ça…

Moins burlesque ?
Si pour vous jouer deux personnages, parler avec la voix de l’âne dans Shrek, perdre le contrôle de votre corps, avoir les jambes qui applaudissent, vous jeter contre les murs, avoir votre sexe qui flambe dans un barbecue c’est moins burlesque… non parce que même moi au niveau de la comédie je ne sais pas ce qu’il y a après. Après Incontrôlable je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus fort, de plus drôle, de plus loin parce que là on pousse vraiment les limites de la comédie, on est dans l’école de comédie à l’américain à la Ben Stiller, à la Jim Carrey, à la Jerry Lewis, on pousse les situations au maximum. Il y a des moments où Georges qui est un personnage dépressif, triste, gris bein j’y ai mis un petit peu de moi, je vais pas vous mentir : je vous ressemble plus que je vous suis différent. Donc quand vous avez beaucoup de blues moi aussi. Les gens nous sont plus proches qu’ils nous sont différents.
C’est terrible d’être confronté à soi-même parce qu’on est face à nos propres contradictions, paradoxes…

Vous avez pris 18 kg en deux mois comme vous le disiez puis vous avez dû assouplir ce corps pour danser, bouger. Vous avez pris des cours avec Philippe Découflé et avec le fils spirituel du mime Marceau qui est bulgare, Guerrasim Nitchiliev…
Ce sont deux travaux complètement opposés : grossir et s’empatter puis dans le même temps prendre ces stages de danse et de mime, je dépensais beaucoup d’énergie. A un moment je n’arrivais plus à grossir et j’étais tout le temps crevé dans tout ce que je faisais donc c’était deux travaux antithétiques. C’était primordial pour moi d’arriver à dissocier les deux personnages, celui de Georges et celui de Rex. On n’est pas dans un film de Michaël Haneke, on est dans une grosse comédie, une comédie comédie, pas une comédie romantique mais une comédie pour rire, faite pour le public donc on peut se permettre d’être large, d’être exagéré, pas trop pour Georges mais en tout cas je voulais réussir, comme Rex est extrêmement désinhibé, porté sur la chose, je voulais réussir à bien le caractériser physiquement et je me disais que ça passait par des mouvements beaucoup plus larges d’où le mime… pour ce qui est de Philippe Découflé c’était plus pour apprendre à « décoordonner » les mouvements c’est à dire que la perte de contrôle de mon corps il fallait que je réussisse à la faire de façon identique à chaque fois donc il y a des mouvements que j’ai dû apprendre à travailler… comment est-ce que moi pendant que j’essaie de manger mon hamburger, comment mes bras m’empêchent d’amener mon hamburger à ma bouche.

Jim Carrey a-t-il constitué un modèle pour ce genre de rôle
En France qu’est-ce qu’on connaît des personnes qui ont été schizophrènes dans ce genre de rôle ? Jim Carrey et Jerry Lewis. Plus le dernier que le premier sont des références pour moi. Dans « Irène et moi » ce qui est assez bluffant chez Jim Carrey c’est quand il arrive, dans une seule scène, à jouer les deux personnages, de passer de l’un à l’autre et qu’ils se répondent, on avait envie d’aller vers ce truc-là comme dans la scène dans la voiture où les deux se répondent. C’est un peu une scène de performance d’acteur, un peu pour me la raconter qu’on a mis ça.

Pourquoi la voix de l’âne dans Shrek ?
L’idée est venu à Raffi en écoutant son fils Jim qui est un grand fan de Shrek et qu’est-ce qui marche le mieux dans ce film c’et quand même les vannes de l’âne et je trouve qu’il n’y a personne d’autre en France qui est mieux doublé qu’Eddy Murphy. C’est Med Hondo qui fait la voix d’Eddy Murphy et de l’âne dans Shrek. Moi ça m’a donné l’impression de faire un film avec Eddy Murphy, c’est quand même la seule comédie française avec Eddy Murphy ! (rires) Il y avait un côté plus américain, comme le film tend beaucoup plus vers les physical comedies américaines comme celles des frères Farelli et d’autres qu’on se sentait plus à l’aise là-dedans. Après on peut se mettre à chercher d’autres voix…

Comment se déroulaient les scènes où vous êtes Rex avec le doubleur ?
C’était assez compliqué. Le doubleur ne pouvait pas être là pendant le doublage parce qu’on n’allait pas lui exiger de venir parfois pour deux phrases dans une scène par jour donc moi je faisais ce que je pensais être la voix de l’âne dans Shrek donc je faisais une imitation d’Eddy Murphy (il fait la voix de l’âne) « Éh mec je savais pas que la police recrutait chez Playmobil mec ! » Tout le monde s’est rendu compte que c’est un Eddy Murphy de la rue d’Aboukir, proche du Sentier. Donc ensuite le doubleur m’a doublé, je suis le seul acteur français doublé par un acteur français, j’ai pas de pb d’ego… ce qui était encore plus drôle c’était quand Rex devait me donner la réplique, quand moi je suis en Georges et que son double me donne la réplique on avait fait venir un comédien qu’on nous avait vendu comme « ferme les yeux tu as Eddy Murphy à côté de toi, il le fait aussi bien que le doubleur officiel tu vas voir ! » et quand Mathieu nous faisait cette voix-là c’était un mélange de beaucoup se Sentier, un peu Sud-Ouest un peu Corse mais jamais jamais Eddy Murphy ! (rires) donc on a été extrêmement surpris quand on a vu le film parce que pour la première fois on a pu se rendre compte du potentiel de la voix d’Eddy Murphy.

Quelle tournure va prendre votre carrière après ce film ?
Le prochain film que je vais faire s’appellera « Héros », il est à cheval entre « Requiem for a dream » et « La valse des pantins », ça veut pas dire que j’ai envie de ça mais moi j’accepte les bons scénarios, ceux que je pense étant bons quand on me les présente c’est un peu l’occasion qui fait le larron j’ai pas envie de changer de voie et de faire du cinéma dramatique pour être pris au sérieux, c’est absolument pas ça. Je suis très fier de faire ce métier, de faire rigoler les gens et des messages de sympathie qu’ils m’envoient chaque fois que j’ai un contact avec eux quand je les croise dans la rue. Si je peux faire rire les gens toute ma vie, pendant toute ma carrière je signe tout de suite ! Maintenant, par curiosité j’ai aussi envie d’aller découvrir d’autres domaines mais c’est plus égoïste. Dans un film comme « Incontrôlable » on pense au public en permanence c’est une comédie populaire qui est faite pour faire rigoler le public et on y pense sur chaque ligne. Quand je fais « Héros » c’est un plaisir plus personnel, pour aller à la découverte de moi-même mais c’est pas un film qui est fait forcément pour faire des entrées. Donc c’est plus difficile pour moi à défendre parce que j’estime que le cinéma c’est fait pour être montré donc je verrais quand je ferais ce film-là…

Quel est le pitch de « Héros » ?
L’histoire d’un comique raté un peu aigri qui est devenu chauffeur de salle dans une émission télé et qui comme le disait Andy Warhol « avec la télévision on va tous avoir son quart d’heure de gloire », il va kidnapper un chanteur populaire qui est l’idole de toute la France, un chanteur qui s’appelle Clovis Costa, l’emmène dans son appartement d’enfance et il le torture jusqu’à demander une rançon pour passer à la télévision. C’est un film très noir mais comme Jim Carrey dans Mon on the moon ou dans Truman Show pourquoi ils m’ont choisi moi pour faire le film ? le mec est sans cesse à la frontière du dangereux et du ridicule et je trouve que ça me colle bien à la peau entre dangereux et ridicule.

Le cinéma est-il plus excitant que les autres disciplines ?
C’est différent, chacune a ses qualités et ses défauts. Le plus jubilatoire c’est évidemment la scène parce que vous avez le contact avec le public et le résultat direct de votre écriture, moi je changeais mon texte quasiment tous les soirs. Maintenant, la scène c’est ce qu’il y a de plus difficile, de plus exigeant aussi bien physiquement que moralement et ça peut vous casser la tête très très vite. Mais là vous voyez, j’ai pas joué depuis quasiment un an et bein je suis en manque alors que pendant que je jouais je me disais « il est temps que cette tournée s’arrête j’en peux plus de jouer la même chose ». Avec le cinéma ce qui est formidable c’est que ça raconte véritablement une histoire, c’est un projet de longue haleine et quand vous le voyez sur grand écran il y a vraiment une dimension supérieure qui est ajoutée. Il y a une qualité, on est dans une autre histoire avec d’autres personnages, vous avez pas votre gueule, vous racontez quelque chose de complètement différent et puis je vais pas vous mentir d’un point de vue « ego-trip » c’est toujours génial de se retrouver sur un 4x3, le cinéma c’est ce que tout le monde rêve de faire donc moi je vis un rêve ! La télé c’est génial parce que c’est réactif, vous entrez en même temps dans le quotidien des gens, j’étais tous les jours là pour les réveiller et puis vous pouvez réagir sur tout ce qui s’est passé la veille. Vous avez une idée dans la journée, vous la tournez l’après-midi et vous la diffuser le soir… La chanson c’est ce qu’il y a de plus universel, ça l’est encore plus que l’humour, une belle mélodie comme couroucoucoustachstach… quand c’est aussi simple et que ça marche comme ça vous avez 20000 personnes qui le font devant vous c’est proche de l’orgasme ! Chacune des disciplines a ses avantages c’est pour ça que j’ai pas envie d’en choisir une parce que je les aime toutes et mon style c’est justement de pouvoir toucher à toutes ces choses-là… Très envie de faire du rock en ce moment et de revenir à la télévision aussi…

Voila ; Je ne sais pas ce que vous en pensez en tant que lecteurs des CinéTribulations, mais je trouve ça qualitatif et je pense que ce genre d'article a largement sa place sur ce blog. Et vous qu'en pensez-vous ?

21/01/2006

Spielberg : 80 millions d'entrées "France" en 24 films ? - By Niala01

Alors que Steven Spielberg sort son 24ème film en France - Munich - le 25 janvier prochain, plusieurs médias se sont amusés à compiler les entrées des différents films réalisés par l'auteur américain. Mais pas un seul blog et pas un seul dans l'ordre chronologique, Na !!!

J'y vais donc de mon équot en vous présentant les entrées réalisées dans l'ordre de sortie des films en salles (année de sortie en salles - nbre d'entrées - titre du film) :

  1. 21/03/1973  -     664.235 entrées  :  Duel
  2. 01/06/1974  -     348.760 entrées  :  Sugarland Express
  3. 18/06/1975  -  6.261.327 entrées  :  Les Dents de la Mer
  4. 24/02/1978  -  3.120.633 entrées  :  Rencontre du Troisième Type
  5. 12/03/1980  -     681.976 entrées  :  1941
  6. 16/09/1981  -  6.397.842 entrées  :  Les Aventuriers de l'Arche Perdue
  7. 01/12/1982  -  9.413.741 entrées  :  E.T.
  8. 12/09/1984  -  5.684.090 entrées  :  Indiana Jones et le Temple Maudit
  9. 10/09/1986  -  1.756.339 entrées  :  La Couleur Pourpre
  10. 16/03/1988  -  1.329.673 entrées  :  L'Empire du Soleil
  11. 18/10/1989  -  6.399.702 entrées  :  Indiana Jones et la Dernière Croisade
  12. 14/03/1990  -     692.114 entrées  :  Always
  13. 01/04/1992  -  3.401.000 entrées  :  Hook
  14. 20/10/1993  -  6.620.768 entrées  :  Jurassic Park
  15. 02/03/1994  -  2.671.490 entrées  :  La liste de Schindler
  16. 22/10/1997  -  4.861.788 entrées  :  Jurassic Park : Le Monde Perdu
  17. 25/02/1998  -     633.325 entrées  :  Amistad
  18. 30/09/1998  -  4.135.364 entrées  :  Il faut sauver le soldat Ryan
  19. 24/10/2001  -  1.575.170 entrées  :  A.I. Intelligence Artificielle
  20. 02/10/2002  -  3.707.250 entrées  :  Minority Report
  21. 12/02/2003  -  3.637.622 entrées  :  Arrête-moi si tu peux
  22. 15/09/2004  -  1.144.740 entrées  :  Le Terminal
  23. 06/07/2005  -  3.904.395 entrées  :  La Guerre des Mondes
  24. 25/01/2006  -  ............ entrées  :  Munich

Total actuel des 23 films déja sortis : 79.043.344 tickets vendus.
Pour plus d'infos sur l'intégralité des films de Steven Spielberg, vous trouverez grand intérêt à aller visiter le site français fort bien documenté du Docteur Jones  !

16/09/2005

La plus belle des actrices en 2005 ? - By Niala01

ScarlettJohansson

24/05/2005

Sophie Marceau : Référencement et réponse apportée- By Niala01

Il est quand même impressionnant de voir à quel point, parfois, Google passe au travers...

En quelques jours, plus de 200 requêtes du style "sophie marceau sein", "le sein Marceau", "Cannes Marceau sein", "le sein de Sophie Marceau", ... ont permis à des internautes d'arriver sur mon Blog...alors que je n'en avais absolument pas parlé jusqu'à présent . (ceci dit, arriver sur mon blog, alors qu'il n'était positionné qu'en 3ème ou 4ème page...).

Si  Emery qui lui, en a parlé, a vu son nombre de visiteurs litéralement exploser - il parle même d'erection - (de 300 à plus de 13000 pages vues/jour sur quelques jours), je me permet quelques jours après la furie constatée de mettre en ligne ce que les GoogleNautes n'ont pas pu y trouver précédemment (et qu'ils ne recherchent plus, donc ça ne devrait pas m'occasionner de pics dantesques - c'est juste pour le plaisir, j'en suis amoureux depuis La Boum - c'est dire) :

Le sein de Sophie Marceau - La vidéo (format zip)

Pour le droit d'utilisation de l'image, je ne pense pas risquer grand chose, je pense même qu'elle doit être satifaite du buzz. Mais Dieu que c'est une belle femme.

11/02/2005

MULHOLLAND DRIVE : Rêve de film, Film de rêve - By Christian Nève

AU DELA DU SCENARIO
Amusant de voir comment ont pu réduire ce film à l'histoire d'une comédienne amnésique dont une autre femme aurait usurpé l'identité…
Il y a bien deux femmes, dont une amnésique, mais l'idée de départ est différente et il n'est pas surprenant que le film ait été mal présenté. Peu importe, en effet, le scénario : l’atmosphère, les situations, les personnages, la beauté des images caractérisent ce film.
Je serais même tenté de croire  – et pour moi, compte tenu de l'extrême qualité du film, c'est un compliment – que David Lynch ne s'est pas vraiment torturé sur son scénario ! (Arrêtons de sacraliser les cinéastes…)
Lynch préparait un pilote de série télévisée, façon TWIN PEAKS, il en résulte, au bout du compte, MULHOLLAND DRIVE, film étrange, onirique, sensuel et beau, dont le scénario n'est sans doute pas l'affaire principale.
D'ailleurs, le dossier de presse ne donne aucun synopsis mais une simple phrase : "une histoire d'amour dans la cité des rêves".
Tout est dit…

DES RÊVES QUI VOUS HAPPENT
C'est vrai que lorsque un personnage survient, chez Lynch en général et ici en particulier, il apparaît comme dans un rêve, et, de fait, le film tout entier se déroule comme un rêve.
A la suite d'un accident sur Mulholland Drive, au dessus de Los Angeles, Rita  (superbe Laura Elena Harring) perd la mémoire et se réfugie chez Betty (Naomi Watts), une jeune comédienne novice et ambitieuse.
Cet accident, ce choc, donne le ton du film, placé sous le signe de l'évanouissement, de la syncope, du retrait brutal (mais parfois plus flou) de la réalité.
Un retrait dont la manifestation définitive est la mort, et dont le rêve reste, tout au long du film, la forme la plus douce. L’amnésie constituant, pour Rita (comme retirée à elle même), un stade intermédiaire ce ces deux « états » de conscience.
De ce point de vue, deux séquences concentrent, dans leur signification, toute la substance du film, toute sa cohérence…

LE CAUCHEMAR VÉRIFIÉ
Dans la première, un jeune homme, obsédé par un rêve effrayant et  récurrent, donne rendez vous à un ami dans le véritable café où se déroule, à chaque fois, le rêve.
En effet, l'ami en question est lui-même un personnage de son cauchemar et, en le lui décrivant dans le détail, le malheureux jeune homme espère exorciser ce mauvais  rêve, s'en débarrasser.
Erreur : alors qu'il montre à son ami l'endroit réel où, dans son rêve, apparaît une créature effrayante, il voit, véritablement, surgir cette créature (surgir « lentement », serait-on tenté de dire, au coin d’un mur). Le rêveur tombe en syncope et meurt sous les yeux de l'ami qui semble, pour sa part, n’avoir rien vu de tout ça.
Le jeune homme a-t-il, véritablement, vu un visage que son ami n'aurait pas eu le temps de voir ? A-t-il eu une hallucination ? Peu importe, seul compte la leçon de tout cela : dans ce film, on n'échappe pas à ses rêves, au contraire, ce sont les rêves qui vous happent, vous extraient, en syncope, du réel… jusqu'à vous tuer.
C'est là la matière du film, au delà de la trame narrative. D’ailleurs, aucun des personnages de cette séquence du cauchemar n’intervient plus dans le film…

PLAY BACK ET SYNCOPE
L'autre séquence nous donne à voir une chanteuse espagnole, ou latino américaine, interpréter avec passion une chanson poignante, dans un petit théâtre bizarre où Rita et Betty sont spectatrices.
Au beau milieu de son interprétation, la chanteuse s'évanouit mais sa voix, toujours aussi prenante, continue de chanter : l'effet est saisissant, créant sur nous, spectateurs du film, l'effet d'une petite syncope.
Pourtant le présentateur du spectacle nous avait prévenu, en même temps que Rita et Betty : il s'agissait de play-back. Seulement, après quelques numéros,  nous l'avions oublié et, l'espace d'un instant, le vrai maître de cérémonie, David Lynch,  réussit son plus magistral pied de nez !
En provoquant cette petite syncope dans notre perception du film, il nous a sorti de l'image que nous en avions, il nous a extrait, en quelque sorte, de notre « réalité » de spectateur, tout comme, sans cesse, il extrait ses personnages de la « réalité » vraisemblable du film.
Si, au delà de toute logique d'une continuité narrative, il ne s'agit pas là de cohérence dans le propos, de quoi s'agit-il ?
Et peu importe de savoir si Betty et Laura sont une seule et même personne, si le rêve de l'une devient, après ouverture d’une mystérieuse boite bleue, le cauchemar de l'autre, ou la réalité, ou que sais-je encore !

FILM DE RÊVE
Le sens, dans ce film, ne procède pas par linéarité selon un récit logique, ou une chronologie, le sens est un flux qui imbibe toute chose, dans lequel toute chose, à la seconde, peut devenir son contraire ou son double, comme dans un rêve.
Un rêve qu’il serait bien imprudent de vouloir interpréter puisqu’il n’appartient à personne (c’est une fiction !), et dans lequel David Lynch nous invite à entrer. 
Et toute la force, tout le talent du réalisateur, consiste à écrire ce rêve, à le cinématographier, à faire de sa réalisation le moteur de ce rêve, en nous captivant, en nous séduisant, en nous troublant, en se jouant de nous, non sans humour.
Comme dans cette scène où Rita et Betty interprètent le texte d’un casting…
L’espace d’un instant,  on croit qu’il s’agit de leur « véritable » dialogue, ensuite on comprend qu’il s’agit d’une scène de dispute qu’elles sont en train de répéter pour le casting de Betty, et pour finir, au moment du casting, et grâce à l’interprétation qu’en donne Betty, le même texte devient une brûlante et ambiguë déclaration d’amour.
En 10 minutes à peine, le même élément de scénario – un texte - revêt trois significations différentes !

RÊVE DE FILM
Citons une dernière scène, au début du film…
Adam, un jeune réalisateur de cinéma (Justin Theroux), se rend à un très étrange rendez-vous avec un cow-boy albinos. Ce dernier, dans un discours d'une drôlerie surréaliste, lui intime de suivre ses directives quant à ses choix de casting, et lui promet, quoi qu’il arrive, de le retrouver…
Contre toute attente cette séquence (parfaite pour une série TV à la TWIN PEAK !) reste sans suite et, simplement, on voit le même étrange cow-boy traverser le décor d'une scène vers la fin du film.
Là encore il semblerait bien que l'épuisement du récit, l'achèvement logique de la trame narrative, n'ait pas été le souci principal de Lynch. Et on s'en fiche : son film est un régal d'humour, de beauté, de sensualité, et de dépaysement onirique.

CHRISTIAN NEVE

NDLR : Les liens ont été rajoutés par Niala01

07/02/2005

Episode III : J-100 - By Niala01

Ce sont les 100 derniers jours d'attente.

Le compte à rebours final est lancé.

Avec 24 heures d'avance sur le reste du monde (sortie mondiale le 19 mai 2005, sauf en France : Mercredi 18 Mai 2005, cocorico !!!).

Star Wars Episode III devra répondre à toutes les questions soulevées par les épisodes précédents. Mais également par les épisodes suivants (?).

Il devra, ....ou ne sera pas.

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