33 notes de la catégorie "Piratage Audiovisuel"

25/11/2007

Rapport Olivennes : Bertrand dit tout haut...ce que beaucoup pensent sans parvenir à l'écrire.

Copie Intégrale d'un article écrit par Bertrand, de Multapaucis :


    "On dit parfois que quand personne ne respecte la loi, c'est qu'il faut changer la loi. Sauf que si tout le monde tue son prochain, on ne va pas pour autant légaliser l'assassinat."  

Énième trésor de logique implacable clouant le bec de la ménagère, de la part de notre Président dans son discours sur l'accord Olivennes (président du groupe Fnac...) en rapport au téléchargement illégal.
 
On aurait pu espérer cette idée émise alors que la loi dadvsi voyait le jour, à savoir une redevance sur nos forfaits Internet, redistribuée en droits d'auteurs, cette dernière aurait au moins pris en compte le monde tel qu'il est aujourd'hui, mettant fin aux nombreuses hypocrisies dans le domaine qu'est le dit "piratage" de musique et de films en ligne. Or, bien sûr, ce n'est pas avec notre nouveau gouvernement qui, je le répète, a fait de la beauferie satisfaite une institution, que les choses seraient allées dans ce sens, en témoignent donc les futures mesures révélées par le discours de Sarkozy contre le "far west"(sic) du peer-to-peer, et face auquel il en appelle donc à un Internet "civilisé" (re-sic) (notion que son "Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale" connaît pour sûr très bien...) !
Bref, à l'heure où les vitesses de téléchargement haut-débit sont de plus en plus élevées, et où dans nos grandes surfaces tous les lecteurs DVDs sont désormais compatibles DivX et MP3*, la législation à venir, elle, prévoit une "autorité publique", qui à l'américaine (l'assimilation continue), devra demander aux FAI (Fournisseur d'Accès Internet) d'envoyer des "mails d'avertissements aux internautes qui font un mauvais usage de leur abonnement". On aimerait bien savoir comment les FAI repéreront de telles pratiques, si ce n'est en bafouant la vie privée de leurs clients (j'y reviens)... Plus grotesquement autoritariste encore, "en cas de récidive", on pourra "suspendre temporairement l'accès à Internet", voire résilier l'abonnement (pas de bras, pas de chocolat !).
 
Pour avoir lu le dit rapport lui-même, on a là un truc tout à fait flicard, le texte contenant à peu prés, sur ses 43 pages, une bonne cinquantaine de fois le mot "filtrage" (des fichiers partagés, des IPs...). Et à propos de la vie privée, il semblerait qu'on donnera plus de force à une certaine "autorité publique" donc (l'Autorité de régulation des mesures techniques de protection), qui parce que publique aura la légitimité de l'impartialité, et pourrait en cela passer outre ce qui était de l'ordre du droit constitutionnel, et faire ce qui nécessite normalement un juge: soit rapprocher vos "coordonnées numériques" (genre votre adresse IP je présume) de votre propre nom (c'est page 20 et 21), pour ensuite demander à votre FAI de vous sermonner comme il est donc prévu.
 
Il ressort donc de tout ça une question plus qu'épineuse, et dépassant largement le problème du téléchargement, qu'est celle de l'adresse IP, celle-ci fixe ou non, attribuée automatiquement à chacune de vos connexions, le rapport posant franchement la question de savoir si une telle adresse est "nominative" ou non (lire impérativement les deux copiés-collés du rapport ci-dessous)... S'il est finalement décidé que votre adresse IP, unique, parfois affichée lorsque vous postez un commentaire de-ci de-là, n'est pas de l'ordre de votre vie privée (le contraire de ce que posent et le Conseil constitutionnel et la CNIL, évidement !), alors qu'est-ce qui empêcherait le pouvoir de vous ficher et de vous pister pour d'autres raisons ?... Est-ce là le début d'un Internet "civilisé" comme l'appelle Sarkozy ? Ou plutôt les sous bassements d'un futur Internet enfin aussi docile que les médias plus visibles pour lesquels parfois le Président nomme lui-même les hauts dirigeants (cf: le cas du journal Les Échos récemment) ?
 
 
*À cela notre président plein de bon sens me rétorquerait peut-être: " Oui mais c'est pas parce qu'on vend des armes qu'on va autoriser le meurtre !".

 
 
     
 
   
   


 

Je remercie ici encore une fois Bertrand (au passage, lectures et critiques passionnantes depuis plusieurs années) pour cet article ! ;-)

22/11/2007

Lutte contre le téléchargement illégal : c'est pas gagné !

Pas d'amendes mais une suspension d'abonnement pour les téléchargeurs, à condition que les FAI le veuillent bien ou qu'ils y soient obligés par la loi, le gouvernement s'engageant à légiférer. A légiférer et à revoir la constitution, UFC-Que choisir parlant déja de privations des droits civiques numériques...

Voici les premiers échos sur la prochaine remise par la mission Olivennes, du rapport du nom de son président, qui devrait le présenter à Nicolas Sarkozy d'ici la fin de la semaine.
La voie répressive plutôt que la pédagogie. Le bâton du gendarme plutôt que la carotte.
Car même s'il semblerait qu'aucune amende ne soit pour l'instant prévue par le rapport (attention au fantôme de la loi DADVSI), la contrepartie logique serait de ramener le fenêtrage VOD/DVD à 4 mois. Et là, pas de délai annoncé clairement.

C'est pas gagné,   ;-(

15/11/2007

Lutte contre le piratage ou le téléchargement illicite : Free attaque.

Quel moyen utiliser pour démocratiser la VOD (Video On Demand - Vidéo à la demande) et ainsi éventuellement diminuer les risques de dérapage du téléchargement illégal (illicite)?

En attendant que la Mission Olivennes (Denis Olivennes, le PDG de la FNAC, est chargé par le Gouvernement d'une mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d'œuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques depuis 2 mois) rende sa copie, un consensus semble se dégager : 3 constats nécessitant 3 mesures.

Tout d'abord, 3 constats :
1) La France est l'un des pays au monde le mieux équipé en connections haut débit. Résultat, la France est l'un des pays "champion du monde" du téléchargement illégal ( ==> piratage).
2) Il est normal que les ayants-droits (les talents, les créateurs, les artistes) reçoivent une juste rétribution de leur présence sur le net.
3) L'offre légale, dans son fonctionnement actuel, est trop contraignante pour tous (fournisseurs et clients).

Ensuite, les 3 mesures :
Si Denis Olivennes se dit favorable à un ensemble de 3 mesures simples et immédiatement efficaces (on ne connait pas encore exactement la teneur de ces 3 propositions qui tiendraient sur une seule page A4, dixit le chargé de mission), il semblerait que l'on s'achemine donc vers :
1) La mise en œuvre d’un système d’avertissement en cas de téléchargement illégal et de sanction proportionnée à la gravité des actes.
2) la recherche d’assouplissements des modalités de téléchargement légal des fichiers (interopérabilité des systèmes et rapidité de mise à disposition des œuvres -chronologie des médias-) : Il semblerait qu'à l'instar de l'industrie  musicale, les différents protagonistes du cinéma soient prêt à enfin lâcher du lest sur les...DRM et à discuter sur les délais de mise à disposition des œuvres sur le net.
3) Amélioration du filtrage des contenus illicites.

Quoi d'autres ?
En attendant que le Législateur prenne les mesures adéquates ou semblant l'être, il convient sans attendre de prendre les nécessaires devant de démocratisation de la VOD.
Non seulement celui qui aura trouvé la clef bénéficiera de la prime au premier mais il finira par avoir la grâce aux yeux des producteurs frileux et hésitants d'aujourd'hui.
C'est la raison pour laquelle tous s'y mettent (tant les chaines de télévision -TF1, France Télévision-, des sites internet spécialisés, des Distributeurs de films -tels MK2-, des Distributeurs culturels -FNAC et Virgin- que les opérateurs téléphoniques et les FAI), avec des offres encore "maigres" malgré tout.
C'est la raison pour laquelle tous les ayants-droits doivent se tenir prêts à mettre ou à faire mettre en ligne la (quasi) totalité des produits disponibles dès que l'assouplissement des modalités de téléchargement et autres mesures adéquates auront été décidées.

De son coté, Free, précurseur pour la plupart des choses qu'un FAI peut fournir à un internaute, propose depuis quelque temps, pour 5,99 euros par mois, son offre de SVOD (La VOD par abonnement) Free Home Video. Free Home Video propose un accès permanent et illimité à une cinquantaine de films et une centaine d'épisodes de séries TV renouvelés sur une base hebdomadaire, via le canal 100 de la Freebox.
Pour aller plus loin que tous, Free offre, de plus, à partir de demain, à tous les Freenautes, l'accès gratuit à son service de vidéo à la demande par abonnement, Free Home Video, pendant trois jours, du 16 au 18 novembre.

Personnellement, je pense que c'est ce genre de mesure qui permettra de démocratiser la VOD, la SVOD, l'offre légale,...tout en diminuant le téléchargement illicite. On y croit ?


Lecture complémentaire (*.pdf):

- RapportCedras
-Contribution-april-mission-olivennes

16/09/2007

Les effets du piratage sur les films fortement relativisés !

Si l'on considère les entrées réalisées en France tout au long de l'été, ainsi que le Box-Office estival américain, alors on peut en déduire que, pour le moment, le piratage informatique des films n'a que peu d'impact sur la vie d'un film dans une salle de cinéma.

Quelques chiffres :
- Petit rappel France : Juillet avait tenu ses promesses avec une hausse spectaculaire de 57,8% et plus de 16,05 millions d'entrées selon les statistiques du CNC.
- Le mois d'août a également vu la fréquentation virer au vert avec 16,47 millions d'entrées et une progression de 9,7% par rapport au mois d'août 2006.
- Le retard d'entrées en France, au 31 aout, est inférieur à 1,5 million de tickets vendus par rapport à l'année dernière et la rentrée du cinéma sera largement meilleure que l'année dernière (je prends les paris).
- Hollywood, machine à fabriquer des billets verts par milliers, vient à nouveau de battre un record sur la période estivale : plus de 4 milliards de dollars de recettes, soit la moitié du CA annuel en seulement 4 mois.

Mais alors, pourquoi faire payer une taxe sur tous les supports vierges, pourquoi agiter la loi comme un gendarme vengeur, pourquoi mettre en avant la riposte graduée,...

C'est que...je ne sais plus quoi en penser, moi !!! vous m'éclairez ?  ;-)

05/04/2007

Le téléchargement "illégal" est-il préjudiciable à la salle de cinéma ?

Alors que la réunion des blogueurs Toulousains "Blog/Garonne 2" vient de se terminer (bon, d'accord, c'était il y a 24 heures, ;-)), une discussion avec certains de mes congénères me pousse à donner ici, en ligne, ma position personnelle sur le téléchargement illégal, le piratage.

Il n'y a vraisemblablement pas de corrélation entre le téléchargement illégal  et les entrées des films en salle, en tout cas pas de corrélation négative (l'augmentation du téléchargement illégal qui entrainerait la diminution des entrées dans les salles) :
- La fluctuation des entrées dans les salles est avant tout liée à la proposition de films,
- L'effet de la rénovation du parc d'exploitation (1,7 milliard d'euros investis depuis deux décennies en France) commence à porter ses fruits.

On ne peut que se réjouir de la bonne santé de la fréquentation cinéma, d'autant qu'elle est de plus en plus concurrencée par d'autres supports de diffusion, tels que le Dvd, le câble, le satellite, la VoD et le téléchargement illégal sur Internet. Alors, pourquoi tenter de diaboliser l'un pour "protéger" l'autre ?
Pour le DVD, car la vrai problèmatique tient à l'avènement du DVD (puis du Blu-Ray et du HD-DVD qui impliquent le renouvellement du support de films déja possédés) sur lequel les industriels se font de grosses marges.

Explications et point de vue :

On entend, deci delà, depuis environ 2 ans, des voix, qui s'élèvent : "Le piratage a toujours existé, dans tous les métiers du monde", il est "vieux comme le monde", a dit Jérôme Seydoux. Mais "ce qui est essentiel, c'est qu'il ne dépasse pas certains bornes" car sinon "les artistes ne pourraient plus vivre", a-t-il fait valoir.

Le cinéma voit pourtant ses entrées augmenter et le doit … au cinéma (quali), et au piratage. Car, si le piratage, au lieu de tuer la salle de cinéma, l’aidait au contraire ? Ne serait-ce parce que le cinéma ne peut pas s'en passer (permettre l'accès à des films indisponibles autrement) et parce que ceux qui font du fric avec le piratage finiront par se faire coincer.
L’appétit venant en mangeant, la copie illicite de films donnerait peut-être envie aux internautes de se retrouver dans une salle de cinéma devant un grand écran avec un son numérique de qualité et assis dans un fauteuil très confortable !

Alors pourquoi, pour les multinationales, le téléchargement en peer to peer serait « un instrument diabolique qui a mis le piratage à la portée de tous».

Je vous l'ai déja dit : pour le marché du DVD, pas pour les entrées réalisées par les cinémas, le premier réalisant à peu près le double du chiffre d'affaires des seconds !
Le téléchargement "illégal" n'entraine pratiquement aucune conséquence sur les entrées dans les salles ! Arrêtons de dire que le téléchargement ça bousille l’exploitation, ce n’est pas vrai.

Le cinéma est en crise depuis qu’il existe ! Les salles de cinéma sont en crise depuis qu’elles existent ! On a touché un plancher à la fin des années 70, début 80, quand on avait 116 millions de spectateurs. Depuis, nos entrées ont ré-augmenté avec l’arrivée des complexes puis ensuite des multiplexes, surtout les multiplexes… On a atteint un plafond en 2004 avec environ 195 millions de spectateurs alors que le téléchargement existait, on est descendu à 174 millions en 2005 avant de remonter en 2006 à 188,5 millions à peu de choses près… Donc elle est où la perte de spectateurs là ?!
Le cinéma est soit disant en crise parce qu’à chaque fois qu’il a essayé de se moderniser, ça a entraîné des coûts énormes, avec l’attente d’augmenter le nombre de spectateurs. Là, il se trouve qu’on a des produits en France, des multiplexes et des salles de cinéma plus classiques, qui sont formatés pour recevoir à peu près 200-210 millions de spectateurs par an.
Donc, si on ne les atteint pas, il faut un coupable et de suite, c’est le téléchargement. Mais, je le redis, c'est plus le marché du DVD qui est touché.
Je suis convaincu que dans 20 ans, il y aura toujours autant d'écrans de cinéma. Il y aura toujours autant de salles, et il y aura toujours autant de spectateurs dans les salles.
Le cinéma, c’est un certain nombre de spectateurs qui sont les 18-25 ans, et on perd peut-être une bonne partie des 18-25 ans parce que ce sont eux qui téléchargent le plus et donc du coup ils ne vont plus au cinéma. D’un autre côté, le «Papy boom» arrive, il y a de nombreux clients qui ont 60 ans (et plus) et qui ont besoin de loisirs. Ils ont bénéficié de la réduction du temps de travail, ils arrivent à la retraite, et ce ne sont pas eux qui auront le plus de difficultés pour venir au cinéma. Ils ont du temps et des moyens pour les loisirs.
Mais là encore, on va dire effectivement, «on est entrain de perdre une quantité de spectateurs énorme chez les jeunes, donc l’exploitation va mal !».
Non, pour l’instant ça ne se ressent pas trop dans les chiffres ! Le cinéma a toujours été en crise, on est toujours en crise. D’accord ça pourrait aller mieux, on serait peut-être à 210 millions de spectateurs s’il y avait pas le téléchargement illégal, mais que je sache on n’est pas à 150 millions de spectateurs non plus !
Puis, on a encore des spectateurs chez les jeunes. Comme tout ce qui est illégal, le téléchargement attire. Si on arrive à quelque chose d’équilibré entre le nombre de téléchargements et le nombre de spectateurs dans les salles, ça va. Ce qu’il ne faut pas, c’est que le nombre de téléchargements explose.

Aux exploitants de proposer un produit qui fera en sorte que les gens seront plus attirés par le produit salle que par le produit téléchargement illégal ! C’est le principe du cinéma numérique. Quand la projection sera entièrement numérique, on aura une qualité d’image qui sera encore supérieure… et forcément ça attisera la curiosité des gens, donc on aura encore des spectateurs.
Et puis le jour où on verra que ça baisse encore on fera autre chose, la 3 D par exemple (qui va arriver très vite dans les salles, d'ici 10 ans à très grande échelle).

Il y a toujours eu une évolution du cinéma. Dès que les entrées ont baissé, on a refait les salles, mais avant ça, on est passé du mono au stéréo puis au son numérique (LC concept, Dolby SRD, SDDS, DTS, DOLBY-EX). Enfin, on a commencé à sortir les premiers projecteurs numériques, là c’est en train de se développer…
A savoir qu’avant, jusqu’au début des années 70, il n'existait presque que des écrans uniques en centre-ville, il n'y avait que des grandes salles de cinéma avec 200, 300, 600 places voire plus, avec des balcons, etc. Le nombre de spectateurs a commencé à chuter, et d’un seul coup quelqu’un a dit «tiens, ben on va casser ces grandes salles uniques et puis on va faire plusieurs salles dedans…».
Les grandes salles uniques ont été tronçonnées, coupées en deux, trois, quatre salles… ça a permis de proposer plus de films, sur moins de temps, vu qu’à l’origine avec une seule salle, un film pouvait rester six mois à l’affiche.

Un peu plus tard, le nombre de clients a recommencé à baisser. L'industrie du cinéma a accéléré le rythme de rotation des films, mais les entrées continuaient à baisser. On en est revenu aux grands écrans, les premiers multiplexes sont nés… au même moment, on est passé du son stéréo au son numérique, etc.

A chaque fois qu'il s'est retrouvé confronté à la crise, le cinéma a su retomber sur ses pattes ! A chaque fois !
Alors téléchargement illégal oui, je pense que l’ALPA a raison de faire la chasse aux gros téléchargeurs, c’est-à-dire aux vrais pirates, ceux qui téléchargent 24/24 h, ceux qui gravent sur des DVD et qui les refourguent à leurs potes ou qui les revendent… ceux-là oui, effectivement, sont une vraie plaie, il faut les combattre, les arrêter, les juger et les condamner…

Après, les jeunes de 15/30 ans qui vont télécharger dix, vingt films, ils vont les graver, ils vont les regarder deux, trois fois (parfois, ils ne vont même pas les regarder, tellement ils en téléchargent), mais il leur manquera quand même quelque chose, c’est la notion de spectacle en groupe dans une grande salle. Et ça c’est inaliénable, ce n’est pas quelque chose que l’on peut enlever comme ça !
Je suis d’un naturel optimiste, et on peut me sortir tous les palliatifs à l’achat d’une place de cinéma, les gens ont besoin d’un spectacle en commun, et tant que ça existera, le cinéma s’en sortira.

La salle de cinéma s'en sortira aussi tant elle aura cette capacité à évoluer. Il y aura, après la projection numérique, la projection en 3D, de la vraie 3D sans lunettes spéciales, ni autre… Avec la projection numérique, on aura la sensation que l’image sort vraiment de l’écran.
Prototype_ecran_oled_2005 Puis, il y aura ensuite les écrans OLED à matrice active, mais là, je parle d'un futur à au moins 15/20 ans (Un écran OLED -Organic Light Emitting Diode- à matrice active n’est pas rétro éclairé, il est lui-même éclairé. L’image ne vient pas de derrière ou devant l’écran -principe de la projection-, mais de l’écran lui-même. Chaque point (pixel) est éclairé à une intensité différente, et donc la différence de luminosité et de contraste donnera une image en 3D sur grand écran !La photo représente un prototype d'écran OLED 14". Les futurs écrans de cinémas se dessinent... ) ==> Merci aux 2 auteurs du site Filmspournous qui m'ont permis de reprendre les réponses que je leur avais données lors de l'ITW que je leur avais accordée en décembre dernier.

Pour en terminer avec le sujet, on sent quand même le sens de l'histoire tourner. Le box-office américain, celui de ce pays champion du monde du téléchargement illégal, a vu ses recettes ré-augmenter en 2006 (+5,5%). Il semble, de plus, que les plus assidus dans les salles de cinéma soient aussi les mieux équipés en nouvelles technologies. Que du bonheur ?

27/11/2006

La distribution des films par Internet : l'innovation est ailleurs…

Attention : copie intégrale d'un article (sous Creative Commons) rédigé par Sophie Boudet-Dalbin et déja diffusé sur Homo Numéricus. Lecture très utile...

"Depuis 2000, la généralisation du format de compression vidéo DivX, l'arrivée de technologies plus performantes pour la transmission, la prolifération d'offres de forfaits à prix très compétitifs et l'évolution des systèmes de P2P, ont favorisé le téléchargement de films sur Internet et incité l'industrie cinématographique à se poser des questions quant aux stratégies à adopter pour la distribution par Internet.

Les industriels ont trop longtemps appliqué des offres traditionnelles à la distribution numérique sans prendre en compte les spécificités d'Internet, des nouveaux contenus audiovisuels et d'un public en mutation. Il est maintenant urgent de développer des offres payantes de distribution de films par Internet en accord avec la technologie et les attentes. La répression ne doit pas être la seule réponse. Le Web 2.0 montre la voie d'une nouvelle filière de production et de distribution de contenu.

Ainsi, doit-on se poser plusieurs questions. Internet est-il un nouveau média ou un nouveau « tuyau » ? Dans quelle mesure les majors doivent-elles prendre en compte le P2P ? Qu'est-ce que le Web 2.0, qui fait fleurir des sites comme YouTube ou MySpace, peut nous apprendre sur la nouvelle culture Internet et la nouvelle économie ?

Internet : nouveau média ou nouveau « tuyau » pour distribuer du contenu ?
Partons déjà de la définition du terme média. Internet est en effet un « moyen de diffusion » comme la télévision, « de distribution » comme le cinéma, « de transmission de signaux porteurs de messages écrits » comme la presse, « sonores » comme le téléphone, « visuels » comme la vidéo. La caractéristique d'Internet est de regrouper tous les médias existants sur un même terminal. Il est également un nouveau média, car il permet d'établir des communications radicalement différentes de celles connues et expérimentées jusqu'à présent, à l'image de l'encyclopédie libre Wikipedia ou du site MySpace, symboles de l'Internet participatif.

Internet se distingue alors des autres médias par deux caractéristiques qui lui sont propres : le multimédia et l'interactivité. La transmission des données n'est plus unidirectionnelle. Tout comme le téléphone, Internet donne au récepteur un rôle actif, la possibilité d'obtenir les services ou les programmes de son choix à partir d'une commande individuelle. Le multimédia permet également aux médias traditionnels de se surpasser. Avec l'hypertexte, il libère le texte écrit de sa linéarité. Avec ses arrêts sur image, ses bonds en avant, ses retours en arrière, ses raccourcis, il libère la radio et la télévision de leurs grilles horaires, des contraintes de leurs chaînes ou de leurs stations. Enfin, il enrichit et internationalise la télématique des années quatre-vingt. Il permet en d'autres termes à chaque média de triompher de handicaps que l'on avait crus insurmontables.

Cependant, à l'aube du XXIe siècle, le multimédia en ligne n'a pas encore trouvé ses véritables usages. Il se borne souvent à prolonger ou à compléter les anciens médias. Ainsi, Internet est souvent utilisé comme un nouveau tuyau – plus gros et moins onéreux – pour distribuer du contenu. Internet offre donc les mêmes services mais distribués autrement. Qu'est-ce qui le différencie alors des autres médias ? Peut-on encore parler d'une révolution numérique avec des incidences profondes sur les stratégies économiques et les comportements individuels ?

Internet est une nouvelle technique qui pour l'instant n'apporte pas un réel service novateur. Mais l'exploitation de cette technique est amenée à évoluer au fil du temps et des applications. « La technique, sans doute, n'impose rien : elle propose, et l'homme dispose, ou il compose. » Il existe ainsi une interaction entre technique et société. La technique apporte de nouvelles possibilités que le public s'approprie et transforme, tout comme elle naît des aspirations d'une société en mutation.

L'ordinateur est un terminal, Internet un réseau qui permet d'acheminer les services au grand public. Il est encore difficile de créer de la valeur en associant du contenu et des « tuyaux », mais la convergence des divers terminaux numériques apparaît très prometteuse pour l'avenir, à travers notamment l'offre triple play qui associe ordinateur, télévision et téléphone à Internet.

Distribution payante de films par Internet : l'avenir reste à faire !
Regardons maintenant les diverses stratégies de distribution de films par Internet qui ont été mises en place. Alors que l'idée de regarder un film sur un ordinateur est séduisante, les stratégies de distribution par Internet ne sont pas très convaincantes. Cela peut être attribué à plusieurs facteurs. Le manque de confort pour regarder un film pendant une heure, assis au bureau devant l'écran d'ordinateur. Le visionnage en streaming qui nécessite une connexion à haut débit (solution qui ne cesse de se répandre). Le visionnage individuel devant l'écran d'ordinateur, moins convivial qu'au cinéma. La technologie, pas encore adaptée (la résolution n'est pas parfaite, l'ADSL et le câble demeurent instables).

L'explosion du partage de films sur les réseaux P2P montre cependant qu'il existe véritablement une demande pour le visionnage de films par Internet. Les différentes offres de distribution de vidéo via Internet s'efforcent de répondre aux diverses attentes d'un public toujours plus varié. Mais il ne faut pas confondre ce qui devient possible grâce à la technologie et ce qui est utile, qui répond à un besoin, et peut donc être la base d'une activité rentable.

On a assisté à l'apparition de la télévision interactive (TVi), de la VOD, du cinéma numérique (D-Cinema) et des sites Internet proposant la vente par correspondance de DVD, le téléchargement ou le visionnage en streaming de films. Sans rentrer dans le détail, hormis la vente de DVD et la VOD, les modes de distribution de films ne semblent pas avoir rencontré le succès escompté. Les stratégies doivent vraisemblablement être mieux adaptées aux mutations socio-économiques induites par Internet. La transmission avec la TVi ne change pas de nature, elle est simplement rendue plus performante ou véhiculée via de nouveaux tuyaux. Pour le D-Cinema, la demande est réelle, mais il reste à régler les économies d'échelle et le cadre juridique. La généralisation de l'utilisation des systèmes d'échange et de partage P2P incite alors à considérer les nouveaux comportements des internautes comme le symptôme d'une culture qui veut naître et une source d'inspiration possible pour les stratégies à développer.

Le peer-to-peer : source d'inspiration pour les stratégies à venir
Le P2P est une forme de distribution décentralisée très intéressante. Pour les multinationales c'est « un instrument diabolique qui a mis le piratage à la portée de tous». Pour d'autres, un nouveau moyen révolutionnaire d'accès à la culture. Cette technologie, qui se développe depuis plus de cinq ans de façon fulgurante, a été rapidement adoptée pour procéder au partage illégal de fichiers. Il s'agit d'une véritable révolution sociale, économique et juridique. Le P2P est une technologie jeune et en constante évolution. De multiples études sur le sujet, parfois contradictoires, ouvrent la voie à une nouvelle perception du public, des pratiques et de l'économie.

La gratuité, le libre accès à l'information a été promu tout au long de l'évolution d'Internet comme une de ses qualités essentielles. Les promoteurs de cette « culture du gratuit » à ses débuts sont ceux-là mêmes qui la dénoncent aujourd'hui. Le coût élevé du matériel informatique et la prospérité du commerce en ligne montrent cependant que l'internaute n'est pas forcément un pirate en quête de gratuité. Les internautes sont prêts à payer et sont d'ailleurs consommateurs de DVD ou vont au cinéma. Il ne s'agit donc pas de l'émergence d'une culture de la gratuité mais d'une autre façon d'appréhender la rétribution de la création et du travail intellectuel : la considération, la fierté de contribuer à une œuvre collective, l'échange en nature, etc.

Parmi l'ensemble des éléments avancés par les utilisateurs des réseaux P2P, trois causes principales sont souvent évoquées comme justifiant le téléchargement d'œuvres. Un grand nombre d'internautes critiquent le coût de vente, dans les circuits de distribution actuels, des œuvres cinématographiques. Autre argument avancé : le choix proposé sur les réseaux P2P. Les utilisateurs découvrent des films peu connus qu'il est impossible de se procurer et d'acheter dans le commerce. De plus, le besoin de tester les nouveaux produits incite à télécharger. Cela précède, en théorie, l'achat.

Par ailleurs, on voit que le public a du mal à faire abstraction du support. Il est toujours possible de graver les fichiers téléchargés sur CD, mais les services associés qu'offrent les DVD sont déterminants. Il ne faut donc pas négliger la valeur de services comme le support physique, les compilations à la demande, la recherche, le filtrage, etc. Ce sont autant de pistes pour développer des systèmes payants de distribution de films par Internet. En outre, la production et la mise à disposition d'un contenu coûtent de moins en moins cher. La distribution en ligne est un acte assez simple. Reste à créer notoriété, crédibilité et trafic, ce qui est sans doute l'une des justifications majeures de la présence et du coût de l'intermédiaire.

Certains industriels perçoivent le P2P comme un nouveau réseau diffusant des versions gratuites destinées à engendrer, par un relèvement de l'espérance d'utilité, un consentement à payer pour des versions payantes. Cependant, les réseaux numériques diffusent des contenus en contournant les droits de propriété intellectuelle. Les réactions des industriels sont donc de plus en plus répressives. Le risque de procès est censé abaisser l'utilité du gratuit et doit idéalement relever le consentement à payer du consommateur pour des offres payantes en ligne. Il est néanmoins illusoire de prétendre réprimer tous les utilisateurs de P2P.

Les différents secteurs tentent alors de trouver des solutions intermédiaires pour faire payer les utilisateurs de P2P. On a pu voir l'année dernière, lors du vote en France de la loi DADVSI relative au droit d'auteur sur Internet, un fort engouement pour légaliser les systèmes de P2P en échange d'une répartition des droits à l'image de la radio (licence globale). Le P2P révèle l'évolution du rôle du public, aujourd'hui beaucoup plus actif dans l'acte de « consommation » des films. On est loin de la vision classique d'un public se contentant passivement de regarder une œuvre.

Web 2.0 : l'Internet nouvelle génération
Afin de développer des solutions payantes de distribution de films par Internet adaptées au média et aux attentes, il est essentiel d'anticiper les usages en perpétuelle évolution. Ainsi, le Web 2.0 est un exemple intéressant de (ré)appropriation des outils par les usagers. Sachant qu'il n'existe point de régime stable de l'usage, les industriels doivent penser les produits comme des plateformes d'innovation.

Le Web 2.0 est un terme inventé pour désigner une certaine évolution d'Internet. Il ne s'agit point d'une rupture technologique pure mais d'une transformation vers des modèles contributifs horizontaux. Même si l'on sait bien qu'Internet n'a pas attendu le Web 2.0 pour évoluer, les industriels gagneront à intégrer ces changements dans leurs modèles économiques.

Ainsi, à l'image de sites de partages de vidéos comme YouTube ou Dailymotion, le Web 2.0 montre une dynamique d'autoproduction très forte, un déplacement du curseur de la sphère publique-privée et un nouvel « individualisme communicationnel ». Cette grosse machine à recycler permet à l'individu de se mettre en valeur, de créer son identité et d'élargir son réseau social (social networking). « De simple consommateur, l'internaute est passé au statut de contributeur », explique Didier Rapport, cofondateur du site Dailymotion, dans un article du Monde. Ainsi, « plus il y a de vidéo, plus y en a d'autres et plus il y a d'internautes ».

Cependant, cela pose un problème éthique. Ces sites fournissent du contenu aux majors pour un coût pratiquement nul, sans rémunération des droits d'auteur. De plus, l'information est externalisée et traitée par quelqu'un d'autre que l'internaute. On voit cependant apparaître, lors de la diffusion TV de morceaux choisis tirés de ces sites, le commencement d'une rémunération des contenus amateurs. Des logiques verticales ne risquent-elles pas à terme de freiner ce mouvement de libre contribution ? Quoi qu'il en soit, l'industrie a bien compris qu'elle doit désormais s'adapter à un client devenu actif et qui a son mot à dire. L'industrie et le public doivent être en perpétuelle interaction. Là est certainement l'avancée majeure du Web 2.0."

Intéressant, non ?

25/11/2005

La première remise en cause du téléchargement illégal ? - By Niala01

Je n'ai pas encore recoupé toutes les infos sur le sujet, donc "à prendre avec des pincettes" :

Bram Cohen, l’éditeur de BitTorrent (le système de partage de fichiers le plus performant actuellement) et la MPAA (Motion Pictures Association of America - principal syndicat cinématographique américain) auraient signé un accord de coopération.

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il ne s’agirait en rien d’une arrivée d’un service payant (pour l'instant) sur le site officiel  BitTorrent mais plutôt d’une modification du moteur de recherche du logiciel, excluant tout lien avec des contenus protégés, quel que soit la nature du média audiovisuel (comment va-t'il savoir qu'il est protégé, le contenu ?).

Le logiciel (à télécharger obligatoirement par les internautes pour leur permettre de télécharger des oeuvres "illégales") en lui-même n’est donc pas modifié, mais le site officiel, lui, se voit épuré de tout lien vers des œuvres protégées.

Grâce à cet accord, toutes les poursuites de la part de la MPAA contre BitTorrent seraient abandonnées. Du coup, cet accord semble marquer une étape importante pour le passage vers le coté légal du téléchargement de BitTorrent. Il n'en reste pas moins que depuis un certain temps, des bruits circulent sur l'arrivée d'un investisseur (DCM-Doll Capital Management) qui pourraient infléchir sérieusement la politique maison en obligeant la distribution de produits sponsorisés ou payants sur le réseau (et là, ils risquent de s'amuser car techniquement, c'est pas gagné !). De facto, le BitTorrent officiel donnerait donc le ton à tous les autres clients Torrent.

D'autres infos ?

21/09/2005

Un laboratoire pour contrer les "pirates" ? - By Niala01

Via les sites d'infos et mon journal RSS, cette dépêche sur le piratage :

"Les majors du cinéma annoncent [...] la mise en place du Motion Picture Laboratories ou MovieLabs. Ce laboratoire aura pour budget de départ la bagatelle de 30 millions de dollars pour ses deux premières années d’activité. L’objet des recherches qui y seront entreprises sera de trouver de nouveaux moyens pour protéger l’intégrité des données dont le problème des caméras dans les salles de ciné, la recherche et le blocage de contenu illégal échangé sur le net, les différents modes pour assurer une transmission sécurisée des films sur le net afin de prévenir les violations éventuelles, etc."

Ca me fait un peu penser à cette news d'anticipation relevée et copiée la nuit dernière sur je ne sais plus quel site :

"21 septembre 2021 : La nouvelle loi sur l'implant de controle rétinien obligatoire.

Après plusieurs années de luttes et de recherches acharnées, la RIAA et la MPAA ont enfin réussi à faire passer la loi sur l'implant obligatoire au niveau de la rétine et de l'oreille. Ce nouvel implant, conforme à la nouvelle norme Macrovision3 et DRM AAC 7 empèche la personne portant celui-ci de retenir un film visionné ou de retenir une mélodie. Elle permet également de brouiller un film qui serait détecté comme pirate. Ou d'empécher l'écoute de musique sans DRM.

Un des porte-paroles de la MPAA : "Oui, cela fait des années que l'on lutte contre le problème de chutte des bénéfices dans le domaine. Avec seulement 1/4 du marché mondial monétaire, c'est toute l'entreprise qui était menacée. Maintenant, avec ce nouveau système, plus moyen d'y échapper. Et avec l'aide et l'appuis des gouvernements, nous avons enfin trouvé une méthode pour faire valoir nos droits !"

A noter que le gouvernement Chinois aurait été le premier, suivi des Etats-Unis, et de la France, à faire passer au plus vite les lois par leur parlement respectif. Le gouvernement Chinois aurait été tenté par la possibilité de bloquer n'importe quel contenu illicite directement sur sa population, afin de la protéger contre la désinformation.
"

Pas mal, celle-là aussi !

23/04/2005

Petite dépêche AFP sur le piratage - By Niala01

Ca s'est passé vendredi 22 avril 2005 (hier) au palais de l'Elysée : Jacques Chirac, qui a déjeuné avec des professionnels du cinéma, leur a exprimé la détermination de la France à lutter contre le piratage afin de préserver les droits des créateurs.

"On a parlé beaucoup du piratage", a déclaré à la presse Jérôme Seydoux, président de Pathé, à sa sortie de l'Elysée. "Peut-être qu'il faudrait qu'au niveau français et européen le problème soit pris en main", a-t-il dit. "Le piratage a toujours existé, dans tous les métiers du monde", il est "vieux comme le monde", a ajouté Jérôme Seydoux. Mais "ce qui est essentiel, c'est qu'il ne dépasse pas certains bornes" car sinon "les artistes ne pourraient plus vivre", a-t-il fait valoir.

Dans l'entourage de M. Chirac, on soulignait que le président "connaît bien ce sujet, qu'il aborde régulièrement dans les instances européennes et internationales pour défendre les mécanismes de soutien au cinéma". Au cours du déjeuner, qui s'est déroulé dans "une ambiance très amicale", il a "exprimé sa détermination à ce que la France soit très présente au niveau européen pour préserver nos créateurs et les droits de nos créateurs", a-t-on ajouté. "Si on n'y prend pas garde, c'est la culture elle-même qui est menacée", a-t-on poursuivi de même source.

Les comédiens Nicole Garcia et Vincent Lindon, les scénaristes Jean-Loup Dabadie et Danièle Thompson, les géants de la production et de la distribution cinématographique comme Guy Verrechia (UGC), Nicolas Seydoux (Gaumont), Jérôme Seydoux (Pathé), mais aussi Pierre Jolivet (ARP, société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs), Margaret Menegoz (Unifrance), Olivier Delbosc (Fidélité productions), Fabienne Vonnier (Pyramides productions, société distributrice notamment des "Invasions barbares" de Denys Arcand) et Bertrand de Labbey (président de l'agence artistique Artmédia) participaient à ce déjeuner.

Avec le développement d'internet, le piratage audiovisuel, comme d'ailleurs discographique, a explosé, causant un manque à gagner considérable pour les créateurs et l'industrie du cinéma. Il y a un an, Jacques Chirac avait reçu à l'Elysée les équipes des films représentant la France au festival de Cannes 2003. Signe de l'inquiétude des professionnels, le 57e Festival de Cannes (12-25 mai) proposera à la veille de son ouverture, le 11 mai, un "colloque antipiraterie" afin notamment d'alerter public et professionnels sur le danger que présente pour l'industrie du cinéma le téléchargement illégal sur internet.

21/04/2005

F.A.Q (25) - Cinéma et P2P : Nouvel entretien pour un mémoire - By Niala01

Mail + contact téléphonique. Je retranscris les questions et je donne les réponses. Ca concerne le cinéma et le P2P, pour un mémoire :

1. On parle beaucoup du téléchargement illicite de la musique sur Internet. Selon vous, malgré l’existence du téléchargement illicite de films en ligne, pourquoi c’est le téléchargement de la musique qui s’est le plus développé aujourd’hui ? En réalité, sur les sites de téléchargement illicite, il y a beaucoup plus de films que la musique. Pensez-vous qu’il y ait une caractéristique différente dans le domaine cinématographique par rapport à la musique ?

Le téléchargement illégal en ligne s’est développé principalement autour des logiciels de jeux et de la musique pour une question technique. Jusqu’à il y a 2 ans environ aux USA et 6 mois en Europe, la majeure partie des internautes était connectée en bas débit. Même si aujourd’hui, les choses se sont améliorées, le téléchargement d’un film est beaucoup plus lourd que tout autre téléchargement, donc plus long, donc plus risqué. On peut penser qu’hormis les « téléchargeurs » les plus frénétiques (et quasiment par définition les vrais « pirates », ceux qui ensuite dupliqueront à plus ou moins grande échelle), beaucoup d’internautes qui n’hésitent pas à télécharger des albums entiers hésitent encore à se lancer dans le piratage des films.
D’autre part, dès le départ et par expérience, le coût d’un film est estimé largement supérieur au coût d’un disque, laissant à supposer pour beaucoup de néophytes que les peines pourraient éventuellement être très supérieures aux peines encourues pour le téléchargement d’un disque (même si on peut se rendre compte qu’il n’en est rien avec la jurisprudence qui se dessine).
Enfin, par un artifice technico-algébrique, le nombre de films téléchargeables par les pirates n’est qu’indirectement supérieur ; effectivement, et ça n’engage que moi, le téléchargement de films s’adressant par essence à un public plus restreint (les 15/30 ans) que pour la musique (une grande majorité des internautes dont tous ceux qui ont des lecteurs MP3- les ados, des lecteurs laser dans les voitures-les adultes,…), le panel de films proposé est en corrélation (un ‘downloader’ devenant souvent un ‘up loader’) et est plus restreint que le panel de musiques et chansons.
Pour l’anecdote, le nombre de musiques/chansons existants est de toute façon bien supérieur à celui du nombre de films, l’un expliquant l’autre.   


2. Selon le CNC, l’année 2004 enregistre un total de 194,41 millions d’entrées dans les salles de cinéma contre 174,15 millions en 2003  et  184,18 millions en 2002. Qu’est-ce que vous pensez de cette augmentation des entrées dans les salles de cinéma, malgré le téléchargement illicite sur Net ?

Il n’existe aucune corrélation entre les deux. La hausse des entrées dans les salles en 2004 est avant tout liée à la proposition de films sur le 1er trimestre de l’année dernière (avec Podium et …Les Choristes en premier lieu), ce qui a crée une émulation sur le reste de l’année. D’autre part, l'effet de la rénovation du parc d'exploitation (1,7 milliard d'euros investis depuis deux décennies) commence à porter ses fruits. Et l'on ne peut que se réjouir de la bonne santé de la fréquentation cinéma, d'autant qu'elle est de plus en plus concurrencée par d'autres supports de diffusion, tels que le Dvd, le câble, le satellite et le téléchargement illégal sur Internet. Le cinéma voit donc ses entrées augmenter et le doit … au cinéma, pas au piratage.




3. Peut-on affirmer que l’industrie cinématographique se porte plutôt bien ? Peut-être y a-t-il des raisons pour la bonne santé de l’industrie cinématographique ? Quelles explications vous pouvez donner ? Y a-t-il aussi la question de la subvention ?

Soyons clair : le cinéma est soit disant en crise depuis ses débuts. Combien de fois la mort du cinéma a-t-elle été programmée ? Combien de personnes n’ont jamais cru au cinéma dès son apparition en le supposant simple attraction de foire ? Combien d’économistes ou de visionnaires voyaient le cinéma réduit à la portion congrue dans les années 80 ?
Le cinéma ne se porte pas mal. Les spectateurs ont de plus en plus besoin de loisirs. Si les salles de cinéma continuent à évoluer techniquement comme elles les font depuis 20 ans, alors une moyenne de 185/190 millions de spectateurs annuels est envisageable pour les 15 ans à venir. Simple prospective, certes, mais pas complètement dénuée de fondement : il n’y a qu’à voir le nombre de projet de construction et d’ouvertures de nouveaux équipements (tout le monde sait maintenant que quand une industrie comme le cinéma crée, les entrées montent).
En l’espèce, la subvention dont vous parlez n’a là non plus aucun impact sur les salles, puisqu'elle concerne avant tout les tournages avec l'aide à la relocalisation des tournages. Je pense en effet que lorsque vous parlez de subvention, vous parlez en fait du crédit d'impots à la production ; C'est cependant un succès. D’abord, il a permis à la production cinématographique de rester à son plus haut niveau – au-delà des 200 films produits en 2004 – alors qu’elle naviguait à vue, entre une fréquentation en salle en voie de consolidation et un environnement financier incertain. Ensuite, il a porté ses premiers fruits en matière de relocalisation des tournages, ce qui a des conséquences directes sur l’emploi en France. Si vous parlez d'une autre subvention, merci de me tenir au courant et d'être plus précises, car il en existe de nombreuses.

4. Selon les enquêtes par le CNC en mai 2004, le piratage n’a pas influencé la fréquentation des salles. Quelles sont les motivations des spectateurs?

Et si le piratage, au lieu de tuer la salle de cinéma, l’aidait au contraire ?
L’appétit venant en mangeant, la copie illicite de films donnerait peut-être envie aux internautes de se retrouver dans une salle de cinéma devant un grand écran avec un son numérique de qualité et assis dans un fauteuil très confortable !

5. Complément d’enquête :

La place de la musique dans notre quotidien (et notamment dans celui des plus jeunes) a profondément changé depuis 20 ans. À domicile, en déplacement, dans les lieux publics, dans toute sorte d'événements, la musique est devenue omniprésente. Souvent, on la vit plus qu'on ne l'écoute. Elle devient un espace que l'on partage, un signe que l'on se transmet : la compil' créée pour une soirée, la sonnerie de son mobile, la musique de fond de son répondeur... Le numérique est l'outil, mais pas la cause, de cette évolution, dont l'échange de morceaux musicaux est une conséquence logique.
Si cette analyse est juste, il est peu probable que la vidéo (et donc le cinéma) soit à l'avenir autant touchée par le phénomène P2P que la musique ou les programmes informatiques (tant mieux pour mon avenir professionnel, ;-)).

CinéRecherche



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