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Jean-Paul Olivier - Article 1 - Le Bateau Jonquille

à
Jean-Paul
Didier
Emilie
Mathias

Un jour, un grand garçon à peine sorti de l'enfance, qui faisait des bateaux en papier, eut l'idée d'en faire voguer un. Dans toute sa flotte encore sagement à quai, il choisit un bateau-fleur dont les pâges écrites qui constituaient sa coque, venaient d'une vieille flore jaunie. Des clématites et des asphodèles, des fleurs sucrées ou vénéneuses, des herbes, des algues et, à la proue, une délicate jonquille à fourreau d'or sur jupon de paille, dansaient la farandole. Les voiles du bateau, il les fit en papier de riz si fin qu'il dut emprunter une plume à son oiseau le plus rare pour y écrire tous les mots que la folie de son inspiration la plus débridée dictait à son talent d'armateur de l'imaginaire.

Son bateau-jonquille, c'est le nom qu'il lui donna - Bateau-Ivre était déjà pris, Vaisseau Fantôme aussi - ne pourrait pas voyager seul ! Dans un catalogue de voyages (initiatiques), il découpa trois personnages qui avaient su attirer son attention : une jeune et jolie fille, un jeune et beau garçon et un homme sans âge un peu cassé. Il les fit monter dans son bateau, leur donna tous les mots qu'il avait écrit et qui seraient leur nourriture à bord (plus quelques gâteaux, quelques bonbons, du vin blanc et du thé à la bergamote), les laissa partir en les guidant de la côte et leur donna la liberté des innocents...

Un lutin inspiré, homme de théâtre et fou de cinéma, se penchait parfois sur son épaule, lançant ici une idée géniale, là une référence éclairée. Il eut même le culot d'appeler à la rescousse les plus grands maitres, Visconti, Fellini, Losey - rien de moins - pour illustrer le livre d'images qu'il se proposait de sortir de sa "poche". D'un coup de baguette magique, il appela sa complice, une fée musicienne qui avait plus d'un tour dans son sac...

Le grand garçon-poète avait dit à ses personnages de papier (glacé, doré, coloré) : "Vous ne vous connaissez pas, vous ne vous connaitrez peut-être jamais". Vraiment ?

Heureux qu'ils étaient d'être embarqués dans cette galère, nos trois innocents prirent leur destin en main, décidés à donner à leur créateur de rêve, la plus belle des preuves de reconnaissance : Prendre tous les risques, braver tous les vents, essayer d'être à la hauteur de son ambition épique, voguer par le seul effet de son souffle poétique.
"Et vogue le navire..."

Richard  Moreau

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Suite à un naufrage, deux hommes et une femme se retrouvent face à eux-mêmes. Isolés au bout du monde sur une ile déserte, ils recréent par l'intermédiaire de livres un contact fragile et émouvant. Tour à tour apeurés puis éblouis par l'amour endeuillé, ils porteront la folie en bandouillère à la recherche d'une séduction vibrante pour relier entre elles les ficelles de la vie. Tolérance, colère, émotion, prosternation, ils vont connaître avec force et conviction des états d'âmes différents. Ceux-ci les entraineront vers un destin inexorable : peut-être le chemin de la paix intérieure.

Les personnages :

"Le Guépard" tenu par Richard Moreau, est un aristocrate anglais archéologue de son état, aventurier de la première heure, toujours embarqué vers des pays où tout reste à découvrir. Il ouvre et ferme son esprit comme ses valises, soucieux d'un désordre équilibré où le hasard reste indompté.

"Juliette des Esprits" devient une jeune femme artiste-peintre sous les traits d'Emilie Dejean. Elle engage un réel combat avec elle-même tiraillée par la mort de l'homme qu'elle aimait, à la fois enchantée et désenchantée d'une pensée pour demain.

Mathias Duhayer apparait sous le feu du "Messager", virevoltant dans l'ombre, chasseur d'espoir, prisonnier de ses certitudes passées, rêveur de folie, il invente des monde différents. Ses soleils sont bleus ou orangés, la pluie verte ou jaunes et les poissons...rouges.

Les textes (les titres):

  1. La cérémonie du jade (Le Guépard)
  2. Confession d'une âme (Le Messager)
  3. Les miroir de l'étang  (Le Guépard)
  4. Le mariage de musique (Juliette des Esprits)
  5. Les oiseaux des poètes (Le Guépard)
  6. Les nuits ensorcelées (Le Messager)
  7. A la gloire du veau d'or (Juliette des Esprits)
  8. La mort sentimentale (Le Guépard)
  9. Les poissons rouges (Le Messager)
  10. Je voyage (Juliette des Esprits)
  11. Regarde (Le Guépard)
  12. Couleur Tango (Le Messager)
  13. Lettre à Madame Fleur (Juliette des Esprits)
  14. J'aurais pu naitre ici (Le Messager)
  15. L'arriviste (Le Guépard)
  16. Invitation aux voyages (Le Messager)
  17. Mon amour (Juliette des Esprits)
  18. J'existe (Le Guépard)
  19. Soleil matin (Juliette des Esprits)
  20. La comédienne (Le Messager)
  21. La déprime (Le Guépard)
  22. Madame la mort (Le Messager)
  23. Sauver la terre (Juliette des Esprits)
  24. D'une vie à l'autre (Le Guépard)
  25. Au revoir (Les 3 personnages)

Ce qu'en ont dit les comédiens :

  • Le calme. Avoir échoué, ce n'est pas toujours subir l'échec. Ici pas d'actes manqués, ou alors avant le naufrage. Le "Bateau Jonquille" n'est pas le nom d'un bâtiment qui a déposé les 3 naufragés sur l'ile, mais bien l'environnement qu'ils ont crée. Il les entoure et les protège. Ce nouveau monde, ils l'ont inventé à leurs dimensions. Celles d'un endroit où les gestes, les paroles n'ont plus le même écho que dans l'ancien monde, le monde d'avant. Parfois, la réalité émerge, revient à leurs mémoires chargées de rancoeurs ou de révoltes, puis s'éloigne, impuissante à s'immiscer sur cette ile où elle apparaît décalée, presque absurde. Plus rien ne peut atteindre Le Guépard, Juliette et Le Messager. Pourtant, il faudra bien partir un jour. Peut-être pas. Pourquoi ?
    En attendant, se conjugue le passé, le présent, demain.
    En confiance...
    MATHIAS DUHAYER
  • Vous parler de la pièce, non !
    Vous parler de mes partenaires, non !
    Vous parler de Jean-Paul Olivier, non plus !
    Vous parler de la musicienne, non !
    Vous dire que les textes m'ont touchée, oui !
    Vous dire que j'apprécie mes partenaires, oui !
    Vous dire que la musique colle au texte, oui !
    Vous dire que notre metteur en scène nous à mis en scène, oui !
    Et qu'il assure, bien sûr !
    EMILIE DEJEAN
  • Par quel chemin en suis-je arrivé là ? Il y a les chemins de ronde, les chemins de traverse, le chemin des écoliers, le chemin de fer, le chemin qui monte et celui qui descend. On dit aussi faire un bout de chemin, refaire le même chemin...Je n'irai pas par quatre chemin, il m'en faudra bien cinq ou plus, et je saurai passer d'un chemin à un autre sans m'écarter de mon chemin.
    Paradoxal ? Le comédien est un sujet de paradoxe.
    Comme ce personnage inspiré du "Guépard", semblable et différent, qui ouvre et referme son esprit comme ses valises, soucieux d'un désordre équilibré où le hasard reste indompté (je cite de mémoire), et avançant sur un chemin où les montagnes ont disparu et d'où il ne voit plus son jardin (je cite encore l'auteur), je suis beaucoup plus réel dans cette description hasardeuse que je ne le serais dans une biographie prétentieuse.
    En fait, mon jardin - extraordinaire - ne risque pas de disparaître, lui qui n'existe que dans mes rêves ! Mes rêves aussi disparaîtront ? Mais non, je les ai déja offerts à mes partenaires, chemin faisant...
    RICHARD MOREAU-MOREL


Les photos : (Jean-Paul Olivier avec ses comédiens)

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La revue de presse :

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Cher Jean-Paul,
C'est une chose merveilleuse que le "bäteau" ait continué son chemin !!!

Je ne savais pas du tout qu'il y avait eu un deuxième "naufrage magnifique"...

J'espère que tout se déroule bien pour toi et que le Théâtre de poche t'accueille toujours pour tes productions...

Meilleurs souvenirs du bateau echoué... et malgré tout ("tout" c'est le temps qui pourait me faire changer d'avis) je pense toujours ce que j'avais écrit sur tes textes lors de la conception du programme... et c'était pas si mal vu non ? : )

Je t'embrasse...

Mathias

"Après une nuit fortement agitée, un bateau imaginaire allait s'échouer non loin d'une terre inconnue.
A mon réveil, le réel prit place et s'immergea mon égo, je devins capitaine du Bateau Jonquille.
Les Trois Voix qui portèrent ses couleurs au-delà du cap espérance, ont été, sont et seront les vents dominants qui permirent à ce naufrage de voir ma propre naissance.
Oui, je suis né le 3 décembre 1997 à 21h00.
Merci à toi, à Emilie et Richard, car sans vous je n'aurais jamais osé quitter mon port d'eau douce".

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Présentation

  • Jean-Paul Olivier est né le 20 mars 1959 à l'Hotel-Dieu de Tournus en Bourgogne.
    Son enfance est liée à la vie de bohème où la nature lui ouvrira les portes de l'imaginaire.
    1975 : Création des pensées de l'obscur. Ce premier essai est une suite de poèmes faits de petits mots de tous les jours (car la poésie peut être simple, claire et directe) sans autre ordre que celui du temps qui passe.
    1980 : De ses voyages dans les terres australes, Jean-Paul Olivier parlera du monde intérieur du poête, ses joies, ses souffrances, ses colères...Ses joies, quand dans l'aube des matins d'été, un soleil pâle inonde les forêts obscures de l'imaginaire. Ses souffrances, quand l'amitié s'en va, quand l'amour se meurt et que la vie n'est plus qu'un gouffre sans espérance. Ses colères républicaines, colères de l'honnête homme face à l'injustice sociale, ecclésiastique et militaire...(de la religion au désespoir, il n'y a qu'un pas).
    La vie de Jean-Paul Olivier est un long cheminement désordonné comme les passions, ardent comme une fièvre - et caustique : parce que le vitriol est l'encre préférée des poêtes d'aujourd'hui.

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